EURC : qu’est-ce qu’un stablecoin adossé à l’euro ?

L'EURC est un stablecoin adossé à l'euro, émis par Circle et encadré en Europe par le règlement MiCA. Un EURC vaut un euro et se rembourse à ce prix. Voici ce que ce statut de jeton de monnaie électronique garantit, et ce qu'il ne couvre pas.

Fiche d’identité EURC
Émetteur Circle, via sa filiale Circle Internet Financial Europe SAS
Lancement Juin 2022, sous le nom Euro Coin
Statut en Europe Jeton de monnaie électronique au sens de MiCA
Régulateur de l’émetteur ACPR, établissement de monnaie électronique agréé en France
Parité 1 EURC = 1 euro, remboursable à tout moment
Réserves 100 % en euros et actifs liquides libellés en euros
Rémunération Aucune, MiCA interdit à l’émetteur de verser des intérêts
Blockchains Ethereum, Solana, Avalanche, Base, Stellar et plusieurs autres
En circulation Environ 422 millions d’euros au 5 octobre 2026

Données sur l’EURC relevées en octobre 2026 sur le site de Circle. La circulation évolue chaque jour.

Qu'est-ce que l'EURC ?

L’EURC est un stablecoin dont la valeur suit celle de l’euro. Chaque jeton en circulation correspond à un euro détenu en réserve par son émetteur, la société américaine Circle. Par ailleurs, celle-ci émet aussi l’USDC, le stablecoin adossé au dollar. Lancé en juin 2022 sous le nom d’Euro Coin et le symbole EUROC, il a ensuite été renommé EURC.

Il appartient à la famille la plus simple des stablecoins, celle des jetons adossés à une monnaie officielle. Contrairement aux stablecoins algorithmiques, sa stabilité ne repose sur aucun mécanisme automatique. Elle tient à une promesse plus classique, puisque l’émetteur conserve l’équivalent en euros de tout ce qu’il a créé.

Autrement dit, ce jeton est un euro qui circule sur une blockchain au lieu de circuler dans le système bancaire. Il se transfère de portefeuille à portefeuille, à toute heure et sans intermédiaire bancaire. En revanche, il reste un euro privé, émis par une entreprise, et non une monnaie de banque centrale.

Comment fonctionne l'EURC ?

Le mécanisme repose sur deux opérations symétriques. Pour créer de nouveaux jetons, un client professionnel de Circle verse des euros, et l’émetteur crée le même nombre de jetons. À l’inverse, quand des jetons lui sont rendus, Circle les détruit et reverse les euros correspondants. C’est cette double opération qui maintient la parité du stablecoin.

De leur côté, les particuliers passent en général par une plateforme de crypto-actifs qui achète et revend ces jetons pour leur compte. Le prix peut alors s’écarter très légèrement d’un euro sur le marché, de quelques dixièmes de centime. Dans ce cas, les professionnels ont intérêt à acheter sous la parité pour se faire rembourser à un euro. Ce mouvement ramène rapidement le cours à son niveau.

Circle conserve les réserves auprès d’établissements financiers régulés, sous forme de liquidités et d’actifs très liquides libellés en euros. Chaque mois, un cabinet d’audit indépendant publie une attestation. Elle vérifie que ces réserves couvrent bien les jetons en circulation. Ces documents sont accessibles sur sa page de transparence.

Côté technique, le stablecoin de Circle existe sur plusieurs blockchains publiques, dont Ethereum, Solana, Avalanche, Base et Stellar. Le même jeton peut donc circuler sur des réseaux différents. Toutefois, un jeton émis sur Solana ne se transfère pas directement vers une adresse Ethereum. Il faut donc identifier le bon réseau à chaque envoi. Notre article sur les différences entre Bitcoin et Ethereum montre d’ailleurs que chaque réseau ne fonctionne pas de la même façon.

Quel statut pour l'EURC avec MiCA ?

Depuis le 30 juin 2024, le règlement MiCA encadre les stablecoins dans l’Union européenne. Il s’agit du règlement (UE) 2023/1114 sur les marchés de crypto-actifs. Ce texte distingue deux catégories. D’un côté, les jetons adossés à un panier d’actifs. De l’autre, les jetons de monnaie électronique, qui suivent la valeur d’une seule monnaie officielle. Le stablecoin de Circle appartient à cette seconde catégorie.

Ce classement a donc des conséquences concrètes. D’abord, seul un établissement de crédit ou un établissement de monnaie électronique agréé peut émettre un tel jeton. Circle a obtenu cet agrément en France pour sa filiale Circle Internet Financial Europe SAS, sous la supervision de l’ACPR. Ensuite, le détenteur dispose d’un droit au remboursement à tout moment, à la valeur nominale et sans frais. Enfin, l’émetteur doit placer ses réserves dans des actifs sûrs et liquides, dont au moins 30 % en dépôts auprès de banques.

Pour un utilisateur européen, la différence avec d’autres stablecoins n’a rien de théorique. Plusieurs plateformes ont en effet retiré de leur offre européenne les jetons dont l’émetteur n’était pas agréé au titre de MiCA. L’EURC, conforme dès l’entrée en application du texte, n’a pas été concerné.

Par ailleurs, un point reste à garder en tête. Être régulé ne signifie pas être sans risque. MiCA impose des règles de réserves et de transparence, mais il ne fait pas de l’EURC un dépôt bancaire.

L'EURC rapporte-t-il des intérêts ?

Non, et c’est la loi qui l’impose. L’article 50 de MiCA interdit à l’émetteur d’un jeton de monnaie électronique de verser des intérêts liés à la durée de détention. Cette interdiction vise aussi les prestataires de services sur crypto-actifs. Détenir ces jetons dans un portefeuille ne produit donc aucun revenu, exactement comme des euros laissés sur un compte non rémunéré.

Pourtant, il arrive de voir des rendements affichés sur ce stablecoin. Ils ne proviennent pas du jeton lui-même, mais de l’usage qui en est fait. Le cas le plus courant est le prêt, où les jetons sont confiés à des emprunteurs via des protocoles de finance décentralisée ou des intermédiaires. Les intérêts payés par ces emprunteurs constituent alors la rémunération.

Ce rendement a donc une contrepartie. Concrètement, celui qui prête ses jetons ajoute au risque du stablecoin trois risques supplémentaires. L’emprunteur ou le protocole peut ne pas rembourser. Une faille peut se cacher dans le code d’un smart contract. Enfin, les fonds ne sont pas toujours récupérables au moment voulu. En pratique, la question à se poser devant un rendement sur un stablecoin est toujours la même. Qui paie ces intérêts, et que se passe-t-il s’il ne peut plus les payer ?

EURC, euro en banque, euro numérique : quelles différences ?

Les trois servent à payer en euros, mais ils n’ont ni le même émetteur ni les mêmes protections. Le tableau ci-dessous les compare sur les critères qui comptent pour un particulier.

Critère Euro sur un compte bancaire EURC Euro numérique de la BCE
Émetteur Une banque commerciale Circle, établissement de monnaie électronique La Banque centrale européenne
Nature Monnaie de banque commerciale Jeton de monnaie électronique Monnaie de banque centrale
Garantie des dépôts Oui, jusqu’à 100 000 € par banque Non Sans objet, émis par la banque centrale
Rémunération possible Oui, selon le compte Non, sauf via des mécanismes additionnels (ex : DeFi) Non prévue
Fonctionnement Horaires et circuits bancaires 24 h sur 24, sur blockchain À définir
Disponibilité Disponible Disponible Projet en cours, horizon 2029

La différence la plus importante concerne la protection. En effet, un euro déposé en banque est couvert par la garantie des dépôts en cas de faillite de l’établissement. Un stablecoin ne l’est pas. Sa solidité repose sur la qualité des réserves, leur séparation des comptes de l’émetteur et le contrôle exercé par le régulateur.

Quant à l’euro numérique, il ne faut pas le confondre avec l’EURC. Il s’agit d’un projet de la BCE, une monnaie publique sous forme numérique. Son règlement est en négociation entre le Parlement européen, le Conseil et la Commission depuis juillet 2026. Une mise à disposition du grand public est envisagée à l’horizon 2029, sous réserve d’adoption du règlement.

Quels sont les risques de l'EURC ?

Le premier risque est le décrochage, c’est-à-dire la perte temporaire de la parité. Il est d’ailleurs déjà arrivé à l’USDC, le stablecoin en dollars du même émetteur. En mars 2023, Circle a annoncé qu’environ 3,3 milliards de dollars de ses réserves étaient bloqués à la Silicon Valley Bank, alors en faillite. Le cours de l’USDC est tombé autour de 0,88 dollar. Il a retrouvé la parité quelques jours plus tard, une fois les dépôts garantis par les autorités américaines.

Ainsi, cet épisode montre que la promesse de remboursement dépend de la disponibilité effective des réserves. Les règles de MiCA sur la diversification et la qualité des réserves visent justement à limiter ce risque, sans le supprimer.

Viennent ensuite les risques liés à la conservation. Un jeton détenu en direct dépend de la clé privée du portefeuille. Or, perdre cette clé, envoyer des jetons à une mauvaise adresse ou sur le mauvais réseau peut rendre les fonds irrécupérables. À l’inverse, des stablecoins laissés sur une plateforme dépendent de la solidité de cette plateforme.

Enfin, l’EURC reste un marché de taille modeste. Avec environ 422 millions d’euros en circulation, il pèse très peu. Les stablecoins en dollars représentent, eux, environ 300 milliards de dollars en 2026. Sur certaines plateformes, les volumes d’échange restent donc limités, ce qui peut élargir l’écart entre prix d’achat et prix de vente.

À quoi sert ce stablecoin ?

Le premier usage est le paiement et le transfert en euros. Un envoi arrive en quelques secondes ou quelques minutes selon le réseau, y compris le week-end et hors de la zone euro. Pour des virements entre entreprises ou des paiements internationaux, c’est l’un de ses principaux atouts.

Le deuxième usage concerne les détenteurs de crypto-actifs. L’EURC leur permet de garder une poche en euros sans repasser par une banque, par exemple après la vente d’un actif volatil. De nombreux échanges entre crypto-actifs se font d’ailleurs contre un stablecoin plutôt que contre une monnaie officielle.

Enfin, l’EURC sert de brique à de nombreux services de finance décentralisée, où il est échangé, prêté ou utilisé comme garantie. Dans tous les cas, il s’agit d’un outil de paiement et de transfert. Ce n’est pas un placement, puisqu’il ne produit aucun rendement par lui-même et ne protège pas contre l’inflation de l’euro.

Questions fréquentes

L’EURC est-il sûr ?
L’EURC est émis par un établissement de monnaie électronique agréé et encadré par MiCA, avec des réserves auditées chaque mois. Ce cadre réduit les risques sans les supprimer, car l’EURC n’est pas couvert par la garantie des dépôts.

Quelle différence entre EURC et USDC ?
Les deux sont émis par Circle et fonctionnent de la même façon. L’EURC est adossé à l’euro, l’USDC au dollar américain. Détenir de l’USDC expose donc au taux de change entre l’euro et le dollar.

Peut-on perdre de l’argent avec l’EURC ?
Oui, dans certains cas. Un décrochage temporaire, une revente sous la parité, la perte des accès à son portefeuille ou la défaillance d’une plateforme peuvent entraîner une perte.

L’EURC est-il légal en France ?
Oui. Son émetteur est agréé en France comme établissement de monnaie électronique, et le jeton est conforme au règlement MiCA, applicable dans toute l’Union européenne.

Faut-il déclarer ses EURC aux impôts ?
Les comptes ouverts sur des plateformes de crypto-actifs à l’étranger se déclarent chaque année, avec le formulaire 3916-bis. Les règles d’imposition des cessions dépendent du régime applicable aux crypto-actifs. Mieux vaut les vérifier auprès de l’administration fiscale ou d’un professionnel.

En résumé

L’EURC est un euro privé qui circule sur une blockchain, émis par Circle et encadré par MiCA comme jeton de monnaie électronique. Ce statut garantit un remboursement à un euro, des réserves contrôlées et un émetteur agréé. En revanche, il n’apporte ni garantie des dépôts ni intérêts, et il ne protège pas du risque de décrochage ou d’erreur de manipulation. Bien compris, l’EURC est un outil de paiement et de transfert, pas un placement.

Avertissement. Cet article a une vocation purement informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les chiffres, tableaux et exemples illustrent des concepts généraux et ne s’appliquent pas tels quels à votre situation. Avant toute décision, rapprochez-vous d’un professionnel habilité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les crypto-actifs présentent un risque de perte partielle ou totale du capital investi.

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Avec l’entrée en application du règlement européen MiCA, le statut de PSCA succède au régime français d’enregistrement des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN), sous lequel BPS exerçait jusqu’à présent.

L’obtention de cet agrément nous permet d’assurer la continuité de nos services dans un cadre réglementaire français et européen renforcé, reposant sur des exigences accrues en matière de sécurité, de transparence et de protection des intérêts de nos utilisateurs et de leurs crypto-actifs.

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